Extrait
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Le coup des larmes

Clémence Poésy

2019 - 25 minutes

Fiction

Production : Yukunkun productions

synopsis

Florence est actrice. La préparation de son prochain film va lui imposer une épreuve inattendue. Une initiation... à balles réelles.

Clémence Poésy

Née le 3 octobre 1982 à L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), Clémence Poésy, née Guichard de son véritable patronyme, a fait ses premiers pas sur scène à l’âge de quatorze ans et effectué sa scolarité dans une école expérimentale à Meudon avant d'apparaître dans des téléfilms et séries dès 1999, ainsi que dans des courts métrages comme Petite sœur d'Ève Deboise en 2001. C'est une réalisatrice allemande, Nina Grosse, qui lui confia son premier rôle au cinéma dans L'été d'Olga en 2003, avant qu'elle n'accède à une renommée internationale grâce à plusieurs volets des aventures d'Harry Potter.

En France elle a été dirigée Olivier Panchot (Sans moi, 2007), Éric Forestier (La troisième partie du monde, 2008), Philippe Ramos (Jeanne Captive, 2011), Nicolas Pariser (Le grand jeu, 2015) ou encore Shanti Masud (le moyen métrage Métamorphoses, 2014).

Passant à la réalisation, elle aura signé coup sur coup les courts métrages À bout portés (2016), Le roi des démons du vent (2018), et Le coup des larmes (2019), sélectionnés dans de nombreux festivals en France et à l'étranger. 

Elle a été dirigée sur scène par son père Étienne Guichard, dans Je danse toujours, au Théâtre de la Pépinière à Paris, en 2013. 

Critique

Après, en 2018, le très réussi Roi des démons du vent pour les Talents Cannes de l’Adami, Clémence Poésy s’impose davantage encore en tant que réalisatrice avec son troisième court métrage : Le coup des larmes

L’histoire est introduite par Florence Parady, une actrice qui doit, pour les besoins d’un film, apprendre à manier les armes afin de se glisser dans la peau d’une tueuse. Elle découvre avec stupeur, au stand de tir, que son initiatrice n’est autre que Sacha, son ex-petite amie partie il y a quatre ans sans un mot, ni une explication, et qui ne lui a pas donné de nouvelles depuis. Les deux jeunes femmes se confrontent alors à ces retrouvailles inattendues et pour le moins abruptes.  

Que se soit dans le sous-sol humide et sombre d’un bâtiment décrépit ou dans une forêt hivernale, cette session de tir devient l’occasion de régler ses comptes, à balles réelles et symboliques. Seules au milieu de nulle part, Florence et Sacha ne peuvent échapper l’une à l’autre. C’est cette tension que Clémence Poésy cultive tout au long du film, captant un paradoxe émotionnel entre la colère bouillonnante et l’amour subsistant chez ses protagonistes. 

Dans la continuité de ses précédents courts métrages, la réalisatrice transmet avec justesse les émotions des jeunes femmes en les faisant évoluer petit à petit, s’ouvrant mutuellement au dialogue. Au fil des scènes, elle explore toute une palette de reproches, de pleurs, de silence, mais aussi de tendresse. Des sentiments à vif, exprimés au travers des balles.  

Le contraste entre les deux personnages est saisissant. Florence, émue et éperdument ébranlée par les retrouvailles, est interprétée par India Hair, cette jeune comédienne au teint pâle et aux longs cheveux blonds nommée comme meilleur espoir aux César 2021 pour Poissonsexe d’Olivier Babinet. Quant à Sacha, jouée par la Suissesse Sabine Timoteo, une ancienne ballerine au visage anguleux, elle se dévoile comme son opposé : froide, imperturbable et stoïque. 

Sous les questions et les étincelles que soulèvent leurs retrouvailles, elles finissent par baisser la garde au fil du récit pour, enfin, laisser tomber les armes.  

Léa Drevon 

Réalisation et scénario : Clémence Poésy. Image : Joe Russell. Montage : Raphaëlle Martin-Hölger. Son : Benoît Guérineau. Musique originale : Jackson. Interprétation : India Hair et Sabine Timoteo. Production : Yukunkun Productions.

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