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19/04/2017

Jodie, c'est là que tu descends...

Trente ans avant "Nostos", cette semaine en salles, la réalisatrice Sandrine Dumas, jeune comédienne en vogue du cinéma français des années 1980, était la Jodie des Innocents.

C'est avec Liste noire, traumatisant polar de vengeance d'Alain Bonnot, qu'on l'avait découverte en 1984 : Sandrine Dumas, vingt ans, née de père français et de mère grecque, devenait pour un temps une jeune pousse en vue du cnéma français, en ces années qui s'avéreront au final sacrément difficiles pour les jeunes actrices (citons Valérie Kaprisky, Laure Marsac, Maruschka Detmers, Julie Jézéquel et tant d'autres). Sandrine Dumas apparaissait ensuite dans Le thé au harem d'archimède de Mehdi Charef, États d'âmes de Jacques Fansten (une chronique politique à la Sautet avec un casting dingue) et L'homme voilé de Maroun Bagdadi, tandis qu'elle incarnait donc également la Jodie des Innocents dans le clip de ce titre phare de l'année 1987, réalisé par une jeune réalisatrice alors elle-même en ascension, Agnès Merlet, qui avait reçu en 1986 le Prix Jean-Vigo et le Prix de la presse au festival de Clermont-Ferrand pour son court métrage Poussière d'étoiles (où l'on pouvait notamment voir le jeune Élie Semoun). Le fils du requin, en 1993, allait suivre, avant Artemisia en 1997, tandis que ce clip en noir et blanc montrant l'héroïne en petite émule de Gavroche, casquette vissée sur la tête, n'est pas sans rappeler, entre quartiers popu et mauvais garçons “folklo”, l'univers de Jean-Pierre Jeunet, un autre wonder boy de l'époque.

Le single Jodie se vendit à 150 000 exemplaires, fut classé 34e au Top 50 et Sandrine Dumas tourna ensuite avec Olmi, Forman ou Kieslowski avant de se diriger vers la mise en scène de théâtre et la réalisation de cinéma, de courts et de documentaire, en attendant un long de fiction en développement actuellement.

Christophe Chauville