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En salles
11/08/2017

Un couple, une chambre : "Passade"

Dans le creux aoûtien du calendrier des sorties, un huis clos amoureux est orchestré par Gorune Aprikian pour son premier long métrage.

Le réalisateur a eu auparavant plusieurs vies, notamment la direction d'un important groupe de presse qui comprenait le Film français ou Studio Magazine. Il a aussi touché au court métrage à travers Burn-Out en 2011 et Lucas deux ans après. Le premier avait été présenté au sein du programme “régional” à Clermont-Ferrand en 2012 et l'étape du long est désormais atteinte, selon une ambition mesurée et un dispositif plutôt simple. Passade réunit deux personnages dans un lieu unique, à savoir un homme et une femme réunis dans une chambre d'hôtel pour faire l'amour, un peu, et parler, beaucoup.

Quelques plans de coupe sur les extérieurs, en l'occurrence le canal Saint-Martin alors qu'il est vidé, comme c'est le cas de temps à autre, jalonnent la progression forcément assez théâtrale de l'intrigue. L'intensité de ces échanges verbaux entre Paul (qui est, pourquoi pas, réalisateur de films d'animation !) et Vanessa, qui viennent de faire connaissance sur la Toile, est fluctuante et l'écriture n'atteint jamais le brio de celle de Nuit d'été en ville, de Michel Deville (1990), une référence d'emblée évidente. Mais ce dernier pouvait compter sur Marie Trintignant et Jean-Hugues Anglade, et c'était bien avant les “rencontres” via internet... Le scénario de Passade s'appuie en outre à cet égard sur un postulat qui s'avère peu heureux, car assez mal utilisé, à savoir la vénalité, vite exposée, de la jeune fille jouée par la brune Fanny Valette.

Pourtant, un certain charme finit par agir, du moins de quoi suivre sans trop d'ennui, jusqu'au petit matin, ces quelques heures intimes – précisons que le film n'en dure qu'une et vingt minutes ! Car, après tout, une passade n'est par définition pas faite pour durer, bien au contraire...

Christophe Chauville