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En salles
03/08/2017

Qui est in, qui est out

Derrière le simiesque “blockbuster” de la première semaine d'août, quelques sorties plus modestes sont dignes d'intérêt, parmi lesquelles deux premiers longs métrages étrangers.

Présenté en sélection officielle à Cannes dans le cadre de la section “Un certain regard”, Out de Györgi Kristóf (photo de bandeau) s'avance sur des chemins volontiers kaurismäkiens à travers l'errance d'un quinquagénaire laissant en Slovaquie sa femme et sa grande fille pour partir, après avoir perdu son emploi, vers les pays baltes afin de trouver éventuellement un nouvel emploi et surtout vivre sa passion de la pêche et sortir des eaux, enfin, le gros poisson dont il rêve. La métaphore existentielle est assez limpide, mais jamais pesante, et les différentes rencontres de ce anti-héros au fil de la route, parfois fort étranges, finissent par laisser émerger une petite musique qu'une première moitié moins rythmée et parfois laborieuse entrave quelque peu. Le réalisateur, né en Slovaquie et grandi en Hongrie, avait signé cinq courts métrages entre 2009 et 2013 après être passé par la Famu de Prague. Il avait également été l'invité de l'Atelier de la fondation du festival de Cannes en mai 2015.

Pour sa part, Petite amie de Michal Vinik, de production israélienne, est passé par San Sebastian et a reçu le Prix du jury du festival Chéries chéris à Paris l'année dernière. Il brosse le portrait d'une adolescente de dix-sept ans, Naama, et de sa famille, les Barash, tandis que la jeune fille tombe follement amoureuse d'une nouvelle camarade de lycée un peu marginale et très libre dans sa façon de mener sa barque. Les questions inhérentes à la vie au Proche-Orient (le poids militaire, les rapports entre communautés, etc.) composent la toile de fond d'une intrigue parfois proche de la bluette, mais pas désagréable à suivre jusqu'à une certaine perte d'illusions pour l'héroïne.
Ancienne étudiante du département cinéma de l'Université de Tel Aviv, la réalisatrice avait vu son premier court métrage, Bait, sélectionné à Sundance, et le suivant, Srak, à Locarno. Elle vient rejoindre le groupe des jeunes cinéastes à suivre au sein de cette cinématographie en essor, y compris, donc, sur le volet LGBT.

Christophe Chauville