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En salles
21/07/2017

"Été 93" : la petite fille et la mort

Il n’y a pas que l’été 1940 sur les écrans de cette semaine, à travers le "Dunkerque" de Christopher Nolan. Il y a aussi celui de 1993, période sur laquelle se déroule le superbe premier long métrage de la Catalane Carla Simón.

Doublement distingué du Prix du meilleur premier film et du Prix Génération lors de la dernière Berlinale, Été 93 suit la petite Frida, devenue d’un coup orpheline et qui emménage à la campagne chez ses oncles et tantes, eux-mêmes parents d’une fillette de trois ans. Ayant quitté l'agitation urbaine de Barcelone, Frida se retrouve au cœur d’une végétation touffue et paisible, entre fières montagnes et lacs isolés (en l’occurrence la sublime région de la Garrotxa), écrin d’un deuil qui va devoir s’effectuer une fois que le choc de l’incompréhension sera passé, si tant est que cela soit possible... On comprend que les parents de l’enfant ont été emportés par le sida (l'Espgane était alors particulièrement touchée par le fléau, ce qu'on ignore généralement) et la force de l’écriture, toute en sobriété, s’attache au plus près à la représentation qu’a l’intéressée de ce qui lui arrive et qui n’est rien d’autre qu’un “big bang” terrifiant. Avoir six ans et se retrouver seule : comment se sortir du pire coup du sort qui puisse se produire ? La réalisatrice a puisé dans ce qu’elle a vécu elle-même et sait que l’adaptation enfantine est possible, selon un véritable “mode de survie”, finalement inné.

Impliquée fermement dans des dispositifs de transmission et d’enseignement du cinéma (elle a créé en 2013 l’association Young For Film !), Carla Simón avait étudié à l’Université de Californie, puis à la London Film & Television School, dans le cadre de laquelle elle avait écrit et réalisé plusieurs courts métrages : le documentaire Born Positive (2012, sélectionné notamment à Poitiers) et les fictions Lipstick (2013) et Those Little Things (2014).

Christophe Chauville